Les larmes de Basile

Les larmes de Basile

Prosinecki se présente devant Olmeta. On compte donc énormément sur lui, il n’a quasiment rien eu a faire du match, il va forcement nous faire un truc sur sa ligne……

Prosinecki frappe à gauche Olmeta part à droite 1-0, la pression est dore et déjà sur les épaules d’Amoros.

Manu est à présent devant le gardien, pose son ballon et prend 20 mètres d’élan. « Allez Manu envoie le au fond des filets avec le ballon » Il part a grande vitesse, mais ralenti sa course, frappe légèrement a droite et pas suffisamment fort, le gardien n’a qu’a se coucher pour capter ce ballon Arrrrrrggggghhhhhhh. Putain !!!! c’est pas possible Manu qui les tirait avec Monaco et qui n’en ratait pas souvent nous loupe celui qui est peut être le plus impportant de sa carrière. Des Olmeta, Olmeta s’élèvent des gradins, la pression est sur lui dorénavant.Binic tire sur sa gauche une nouvelle fois, Olmeta est parti de nouveau sur sa droite 2-0Casoni : du gauche et sur la gauche sans problème 2-1 l’espoir demeure, qui sait Olmeta, Olmeta.Belodedici : Olmeta qui part encore une fois a droite aurait pu la sortir, car uil part de nouveau à droite mais trop court pour véritablement sortir cette balle. 3-1 « Mon Dieu on est mal »JPP : frappe du droit, petit filet a droite du gardien. 3-2.Mihaijlovic : En force a gauche, Olmeta part encore a droite 4-2Mozer : Plat du pieds droit sans problème 4-3C’est alors que voyant l’issue bien triste dont nous allons être les témoins, les Marseillais reprenons de plus belle des Olmeta, Olmeta. Pancev le dernier tireur Yougoslave est sifflé, a tel point qu’il doit en avoir encore les oreilles qui bourdonnent.Olmeta est campé sur sa ligne, « allez Pascal sors nous le celui-là » Pancev s’élance et le frappe en force légèrement sur la gauche d’Olmeta alors que celui-ci est a genoux, n’ayant rien pu faire une fois de plus sur cette dernière frappe qui scelle notre défaite. Le dernier frappeur Marseillais ne se présentera jamais pour tirer ce tir aux buts et on ne saura jamais qui était prévu pour cette ultime frappe. 5-3. dans le camp d’en face c’est la folie alors que chez nous, tout le monde est abattu des larmes, des cris, des sanglots, des insultes, les viasages sont déconfits et je suis personnellement abasourdis, mon regard est figé, je n’ai pas encore levé les mains de dessus ma tête que j’ai gardé tout au long de cette série de frappes qui est une vraie torture. Je regarde Basile, se prenant le visage dans ses mains, pleurant et criant sa déception, son incompréhension d’une telle défaite. L’Om était supérieur certes, sur le terrain on a démontré que nous étions meilleurs que l’Etoile Rouge de Belgrade, mais dans au final, il ont su nous faire rater ses occasions de buts pouratnt que nous avons eu.Les Yougoslaves passent devant nous pour leur tour d’honneur, ils ne sont pas sifflés, je les applaudis même, ils ont mérité leurs succès. Tandsi que les olympiens récupèrent leur médailles sur le podium, nous acclamons Boli le vaillant, sa médaille dans le creux de sa main, vient nous saluer et nous dire merci d’avoir été là. Ces larmes continuent de couler, tandis que les miennes commencent à perler.L’OM ne gagnera pas cette année 1991 le premier trophée Européen qui lui était promis, peut être un peu prématurément.

Nous voilà reparti en bus sur Brindisi, nous arrivons a l’aéroport vers 1 heure du matin, il y a un monde fou, nous ne savons pas à quelle heure notre avion décollera vers Marseille. Crevés on s’assoie à même le sol et le carrelage sale et glaacial, nous voyons embarquer Platini, Vendroux, et plein de personnalités du sport, du show biz, de la télé. « pistonnés va ».

Les heures passent, l’évacuation se fait au compte gouttes. 2 heures puis 3 heures, 4,5,6. on est toujours là, nous décidons alors d’aller faire un tour en ville, on interpelle un taxi on est 5, ce chauffeur de taxi nous dit, qu’il n’a pas le droit de prendre plus de 4 personnes, mais le filou nous fais signe de l’attendre derrière le coin de la route hors de vision des carabinieri et nous fais monter a 5 dans son taxi qu’il nomme Marguerite. Moitié Italien que je comprends un peu et moitié Français que je ne comprend plus, il nous dis que Marguerite connaît la route par cœur et se permet de lâcher le volant en roulant tombeau ouvert.Hé ho l’ami va piano-piano quand même. La course nous coûte la bagatelle de 250 balles français 50 Francs chacun pour faire 5 kilomètres. ‘tain, pas con, le patron de la Marguerite, mais bon on a pas envie de polémiquer on lui refile 50 balles chacun sans problème. Petite balade dans Brindisi, les bistrots ouvrent a peine on boit un café, nous promenons dans la ville, je ne garde pas un grand souvenir de cette ville, tout juste cette immense place, le port, la plage. Nous déambulons, mon walkman sur les oreilles j’écoute le CD Hooked de Great White, idéal pour oublier cette défaite, je n’entend plus rien autour de moi, lorsque mes potes changent de direction, ils sont obligé de me tirer par le maillot pour que je les suive. Je jette un œil sur les journaux Tutto Sport et la Gazetta dont cette finale perdue par l’OM fait la une, que je n’achète pas bien sur.Les gamins Italiens s’apprêtent a aller en cours, ils sont habillés superbement dans leur blazer bleu marine et sentent bons l’eau de toilettes ce qui me fait penser que je prendrai bien une douche…mais ou ?Leur maman sont jolies aussi et sentent adorablement bon, elles nous sourient, toutes étonnées de voir des « sans abris » habillés de bleu et de blanc (sale). Quant je pense que j’ai passé la nuit couché comme un clodo, dans un hall d’aéroport, je m’imagine un bref instant ayant passé la nuit avec une de ces jolie maman au chaud, Bref assez rêvé. …La réalité, c’est le retour à pieds à l’aéroport, nous avons tout notre temps, on a appris avant de partir que notre avion est prévu à 14 heures. Nous rentrons tranquillement. En passant devant des maisons des gens sortent leur poubelle et nous disent qu’ils étaient pour Marsiglia et qu’ils sont déçus que nous ayons perdu. Nous arrivons aux guichets vers midi et nous renseignons pour savoir si notre avion est bien prévu à 14 heures, tu parles du retard. Bon que faire ? On se met dehors et on tape le carton pendant deux bonnes heures.Finalement notre avion décolle à 16 heures, un de mes potes n’ayant pas eu la patience d’attendre jusque là, se faufilera et chopera un avion de 15 heures. Pour nous ce sera d’ailleurs le dernier, dans des cas comme celui-ci je ne préfère pas tenter le diable et attendre patiemment mon tour. Les supporters restants étant tellement à bout de force et de nerfs, s’en prendrons aux divers préposés aux embarquements, moi je reste d’un calme olympien, d’une part je n’ai plus la force de bouger tellement je suis fatigué et d’autre part j’ai pas envie de voir rappliquer les carabinièri sur les derniers marseillais restants coincé ici.16 heures…chose promise, chose due…on embarque enfin. Et attention !!! je ne regrette pas d’avoir si longtemps attendu, jugez plutôt : un Boïng 747 pour une centaine au plus de passagers, double rations de repas, boissons à volonté, le sourire et les petits soins des hôtesse… des vrais coq en pâtes, un bon petit sommeil et nous voilà de retour à Marignane.Dans le parcours qui nous ramène à la maison, il est a peu prêt 17 heures 30, on croise une connaissance qui sait que l’on arrive de Bari, au feu rouge des Pennes Mirabeau ils nous interpelle et nous dis qu’a cause de l’OM il a perdu 500 balles qu’il aurait parié, moi je lui rétorque que j’en ai perdu 3000 (le prix du déplacement) en concentrant ce qui me reste de force pour lui faire un sourire, car évidemment même si la victoire n’a pas été là cela reste un excellent souvenir.Dans la foulée nous perdrons notre finale de coupe de France contre Monaco. Il y a des saisons comme ça, ou l’on croit tout gagner et puis on revient vite sur terre. Pourtant cette année là l’OM avait peut-être le plus bel effectif qu’il n’ait jamais eu.

Encore merci à Deep pour la gentillesse dont il a fait preuve… Cet esprit de partage devrait être omniprésent dans le monde du web Olympien